Transfiguration (2016)

Transfiguration - Affiche
Tix
★★★★☆
Titre VO: The Transfiguration
Réalisateur: Michael O’Shea
Scénario: Michael O’Shea
Avec: Eric Ruffin, Chloe Levine

★★★★☆ Tix
Moins un film de vampire qu’une tranche de vie réaliste, Transfiguration est le portrait de Milo, adolescent coincé avec son grand frère dans un quartier reculé du Queens, à New York. Quand il n’attaque pas des gens pour leur sucer le sang, Milo se cloître dans sa chambre à regarder la violence animale en vidéo.

Sophie, nouvelle arrivante de l’immeuble, bouscule ce quotidien. Luttant contre ses propres démons, elle ne semble pas gênée par le silence et l’apathie qu’affiche Milo. Ainsi va-t-elle être le moteur de la prise de conscience de ce dernier.

Le monde est cruel dans Transfiguration. Des jeunes livrés à eux-mêmes – Sophie fuit son père alcoolique, Milo et son grand frère sont orphelins – dans un voisinage dangereux où ils sont chaque jour menacés. L’apprenti vampire profite de ses chasses pour prendre l’argent des victimes, un pactole destiné à s’échapper de ce quotidien austère. Ce qui ne l’empêche pas d’observer un meurtre de sang-froid, voyeur derrière un grillage, curieux de violence comme devant ses vidéos.

Transfiguration - Milo et Sophie
Le film est conscient du mythe et de la lignée d’œuvres dans lequel il s’inscrit. C’est donc un héros épris de films de vampires que nous suivons, au point même de laisser tourner son ordinateur sans regarder. Le geste interpelle : est-il passionné à cause de sa situation, ou est-il vampire à cause de sa cinéphagie ?

Les vampires existaient avant les livres, assure Milo. Ce qui n’empêche pas le film d’égrener les citations faciles, ne nous épargnant pas les bassesses typiques envers True Blood et Twilight. « [They] aren’t really realistic. Vampires don’t twinkle ». Au fil d’une conversation, on comprend que le film se veut plutôt l’héritier du suédois Morse.

En prenant un tel soin à disséquer la psychologie de Milo, le film a beaucoup plus à offrir qu’un simple film horrifique. Son visage impassible et l’ombre de sa démarche en deviennent inquiétants. Michael O’Shea tombe une unique fois dans une scène gore gratuite, et bâcle un peu la psyché de Sophie au point de flirter avec un teen movie Netflix sur le mal-être adolescent. Pas si grave, Milo et son stylo-scalpel se suffisent à eux-mêmes.

Transfiguration - Milo regard

Partager cet article...

Auteur de l’article : Pensées Critiques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *