[Livre] Mygale – Thierry Jonquet

France – 1984

 

  • PRÉCISIONS

Auteur : Thierry Jonquet
VO : Mygale
Publication originale : 1984
 

  • NOTE GLOBALE :

09-09

 

  • DE QUOI ÇA PARLE ?

Eve ? Qui est-elle ? Qui est Richard Lafargue, l’homme qui la promène à son bras dans les soirées mondaines puis l’enferme à double tour dans une chambre ? Pourquoi ce sourire subtil sur les lèvres de la jeune femme et autant de rage si mal contenue sur les traits creusés de son compagnon ? Pourquoi vivre ensemble si c’est pour se haïr avec tant de passion ? Drôle de couple… Quel incompréhensible passé lie ces deux êtres hors du commun qui se cachent la plupart du temps derrière les murs de leur villa si tranquille ? Pourquoi les paroles si douces de The Man I Love deviennent-elles entre eux l’expression radicale de la haine la plus absolue ?

 

  • NOS AVIS

 

Mickdeca :

Un coup d’oeil sur le titre et la couverture que le livre était déjà dans mon cadis. Puis en une journée j’ai dévoré ce bouquin de 157 pages. Court mais pourtant si complet, les personnages sont complexes, l’intrigue nous prend les tripes et le style est parfait.

Le livre s’articule sur la relation étrange du docteur Lafargue et de Eve, entre le geôlier et la captive. Au départ on est loin d’apprécier ce docteur dont la carrière est une réussite mais dont la vie cache de lourds secrets. A l’opposée on a Eve dont on imagine la beauté, obligé de subir les pires sévices. Mais cette relation contient plus de poussière sur le tapis qu’on ne le croit (cette expression est de mon invention) que l’auteur amène petit bout par petit bout, gardant notre faim pendant plusieurs pages. L’autre personnage clé de l’histoire c’est Alex qui apparaît à part dans le roman mais on sent qu’il va avoir son rôle à jouer.

Le scénario est tout simplement tordu à souhait et digne des plus grand thriller. Je ne peux en dire plus, je risquerait de vous gâcher l’histoire.

Le style est assez simpliste mais on trouveras tout de même de belle allégorie, avec de belles phrases. Mais ne vous attendez pas à voir de belles grandes descriptions, l’auteur à décidé d’aller directement au but, et c’est mieux ainsi. Ce style épuré contribue à la noirceur du roman.

Pour conclure je ne peux dire qu’une seul chose, coupez l’ordinateur, courez à la librairie la plus proche et acheter le, puis revenez chez vous, asseyez-vous confortablement et lisez lisez …

 

Mais Mygale car il était telle l’araignée, lente et secrète, cruelle et féroce, avide et insaisissable dans ses desseins, caché quelque part dans cette demeure où il te séquestrait depuis des mois, une toile de luxe, un piège doré dont il était le geôlier et toi le détenu.

 

Tix :

Mygale est un roman noir et malsain, qui nous propose un récit court avec pas plus de 4 personnages, sans compter les secondaires qui ne tiennent qu’en quelques lignes. 4 personnages, pour autant de destins entremêlés, sans que l’on ne comprenne tout avant les dernières pages. 4 personnages, 4 destins, et une chanson.

Thierry Jonquet manie à la perfection son roman, semant ses mystères dès les premières pages, et ne révélant leur signification, leur réalité que dans le dernier chapitre. L’auteur nous propose une métaphore en 3 parties de respectivement trois, quatre & trois chapitres… 10 chapitres de cruauté.

Le style est très addictif, et sert à merveille cette histoire glauque à souhait. La superposition des 3 trames narratives, apportent un suspense impressionnant et toujours plus de questions, car, bien sûr, tout est lié. Telles les extrémités d’une toile d’araignée.

Au final, on se demandera qui est véritablement l’insecte entre les pattes de la bestiole. Peut-être Eve sous l’emprise de Richard ? Sans doute tous ces personnages malmenés par le Destin. Ou tout simplement le lecteur, pris dans la toile parfaitement tissée par la plume de Thierry Jonquet… Machiavélique !

 

Tu retenais ton souffle, guettant le moindre bruit, accroupi contre le mur, affolé comme un cafard surpris en pleine lumière. Tu n’étais plus qu’un insecte prisonnier d’une araignée repue, qui te gardait en réserve pour un repas à venir. Elle t’avait capturé pour te savourer en tout quiétude, quand l’envie lui viendrait de goûter ton sang. Tu imaginais ses pattes velues, ses gros yeux globuleux, implacables, son ventre mou, gorgé de viande, vibrant, gélatineux, et ses crocs venimeux, sa bouche noire qui allait te sucer la vie.

 

  • ADAPTATION

La piel que habito – Pedro Almodóvar (2011) (adaptation libre)
 

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Auteur de l’article : Pensées Critiques

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