[Livre] Carrie – Stephen King

États-Unis – 1974

 

  • PRÉCISIONS

Auteur : Stephen King
VO : Carrie
Publication originale : 1974
Publication française : 1976
 

  • NOTE GLOBALE :

07-07

 

  • DE QUOI ÇA PARLE ?

L’histoire tragique d’une jeune adolescente timide et discrète de 16 ans, Carrietta « Carrie » White, élevée par une mère célibataire fanatique religieuse et endurant depuis sa plus tendre enfance les moqueries et persécutions de ses camarades de classe.
Mais Carrie se (re)-découvre un pouvoir, qu’elle va apprendre à maîtriser pour, peut-être, préparer sa vengeance…

 

  • NOTRE AVIS

 

Mickdeca :

Le premier livre d’un de mes auteurs préférés : le grand Stephen King. Il faut dire que quand on connaît les autres livres du maître de l’horreur on remarque quelques thèmes chers comme le fanatisme religieux, et bien sûr le fantastique qui glisse ici crescendo vers l’horreur.

Le roman est court, à peine 300 pages, et pourtant les personnages qui nous sont dépeints sont complexes, emplis de profondeur et de réalisme… Même Carrie, on y croirait à son pouvoir tellement les descriptions nous détaillent des scènes étranges, mais pourtant on y croit. Le personnage principal, la pas très belle Carrieta, nous touche par son enfermement dans cette société qui n’accepte pas les différences, mais aussi par les conflits parentaux qui la plonge un peu plus vers les abîmes… et pourtant elle réussie tout de même à briller, mais la chute n’en sera que plus douloureuse (pas que pour elle !).

Ce livre est aussi un exercice de style car plusieurs points de vue s’entremêlent pour donner une vision globale de Carrie vue par elle-même, par ses professeurs ou encore des camarades de classe. Et c’est en cela que le roman est intéressant, nous laissant des moments de libertés avec des articles journalistiques qui sont très plaisants à lire au milieu de la narration plus classique, on apprend ainsi ce qu’est la télékinésie, des phénomènes étranges ou encore des témoignages privilégiés. Ceci contribue bien sûr au réalisme du roman, on se rapproche plus du fait divers que d’un roman fantastique.

Le scénario quant à lui est somme toute classique mais les relations entre personnages nous sont autopsiées avec une lame de très petit calibre (c’est à dire précis et concis). On ajoutera que la mère de Carrie est un des personnages les plus effrayants.

 

Tix :

Carrie de Stephen King pourrait se résumer en 3 caractéristiques : c’est le premier roman de cet auteur, c’est un roman très court, et il est construit de manière assez spéciale. Ce qui est étonnant, c’est que chaque point constitue à la fois un atout et un inconvénient à mon avis. Je m’explique.

D’abord, premier roman. On sent le style très fort de l’auteur, et King n’a pas eu besoin de 10 romans pour le faire surgir. Il est là, bien présent, et déjà remarquablement efficace. Il a des métaphores puissantes, des personnages vraiment intéressants auxquels il n’épargne rien. Et une empreinte horrifique aussi progressive que son fantastique. Tout se passe dans les bases du récit, pour un final plus cruel. Mais parallèlement à ça, il faut avouer que l’on ressent vraiment cette première publication. Dans une Amérique assez cliché, il nous sert une histoire pas franchement originale avec en relief ces thèmes qui lui tiennent à cœur.

 

Ensuite, il est très court. La conséquence directe est qu’on ne s’ennuie pas, et qu’on a quasiment envie de le lire d’une traite. D’ailleurs, c’est ce qu’on ferait si le récit était totalement continu. Mais c’est un léger souci pour les lecteurs qui auraient aimé un peu plus de développement. Je n’aurai sincèrement pas dit non à ce que King laisse un peu reposer sa pâte, en rajoutant pourquoi pas quelques ingrédients bienvenus pour un final encore plus savoureux.

Pour finir, le point peut-être le plus déstabilisant, et pourtant le plus intéressant dans le roman : la construction. Patchwork de documents, de témoignages et de récit classique, on a une impression très forte de réalité. C’est indéniable, c’est très réussi. On passe de l’un à l’autre, on a parfois droit à la même scène sous différents points de vue, on creuse les personnages. Ce qui m’a dérangé là-dedans, c’est le caractère passif que j’ai ressenti. On ne s’implique pas, car l’histoire est déjà passée depuis bien longtemps. Et le récit dit ‘classique’ n’y change rien. On avouera quand même que le final nous replonge subitement dans l’histoire, pour une conclusion sur un ton glaçant.

Ne vous méprenez pas, la balance penche indéniablement dans le positif tout de même. Ce livre laisse une impression très forte, effrayera certains, épatera les autres. C’est un premier roman qui constitue une bonne entrée dans le monde de Stephen King, si vous n’avez encore jamais tenté.
 

 

  • ADAPTATION

– Carrie au bal du diable – Brian de Palma (1974)
– Carrie 2 : La Haine – Katt Shea (1999)
– Carrie – David Carson (2002)
– Carrie – Kimberly Peirce (2013)
 

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Auteur de l’article : Pensées Critiques

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